Tijgers fotograferen: portretten van grote katachtigen zoals nooit tevoren

Par un curieux retournement du destin, je me suis retrouvé assis sur une caisse pour appareil photo, face à face avec un tigre pesant environ 500 livres à moins d’un pas de distance. Je pouvais sentir son souffle sur ma peau, et plus d’une fois, ce même souffle brouillait l’avant de mon objectif lorsque je le photographiais.

Son nom était Exodus, un tigre de Bengale âgé de quatre ans, avec des yeux jaune-or très perçants qui semblaient moins être un regard qu’un examen. J’étais à parts égales concentré, terrifié et complètement captivé. Devant moi se tenait l’un des animaux les plus magnifiques que j’aie jamais vus, calme et stoïque d’une manière qui me faisait presque oublier de quoi il était capable. Ce projet allait finalement me montrer à quel point l’acte de créer de l’art peut se glisser rapidement dans l’imprévu, mais à cet instant précis, ce qui me resta le plus gravé n’était pas la peur. C’était la majesté écrasante de l’animal lui-même.

A tiger lies resting in a grassy clearing in front of a dark, misty forest.

Les racines du projet remontent bien avant cette rencontre, jusqu’à un endroit éloigné de tout sanctuaire animalier. J’étais assis dans le cockpit d’un avion épieur U-2 à la frontière de l’espace, plus de 21 kilomètres au‑dessus de la Terre, regardant en bas la vue la plus belle que j’aie jamais vue. Il n’y avait ni villes, ni autoroutes, ni signes de bruit ou d’ambition humains. Il n’y avait que de la poussière, de l’eau, des nuages et de la végétation. C’était le genre de perspective souvent associée à l’« effet de vue d’ensemble », cette sensation déstabilisante et clarifiante de voir la planète à la fois vaste et fragile. Je m’étais attendu à ce que le vol me fasse sombrer dans l’obscurité de l’espace au‑dessus, mais il approfondit plutôt mon attention pour le monde vivant ci-dessous. Une partie de moi espérait que la distance par rapport à la Terre pourrait créer un sentiment de proximité avec mon berger allemand décédé, Riley. Ce que cela m’a donné à la place, c’était autre chose de plus actionnable: un désir d’aider les animaux vivants par la protection et le maintien de leur qualité de vie.

A tiger walks through tall green grass toward the camera with its mouth slightly open.

Quelques mois après mon arrivée, je me suis assis avec mon meilleur ami Mike et nous avons commencé à réfléchir à ce à quoi pourrait ressembler un projet animalier cadré par la perspective d’un photographe publicitaire plutôt que d’un simple chasseur de vie sauvage. La première idée fut les requins, avec toute la complexité que cela impliquerait de les photographier correctement. J’ai même contacté Brian Skerry, un ami et autre ambassadeur de mes années Nikon, pour parler des réalités de la réalisation d’un tel projet. La réponse fut suffisamment claire: cela devrait se passer loin des États‑Unis, et il faudrait non seulement de la logistique, mais aussi une nouvelle maîtrise technique, du matériel de plongée au comportement de la lumière sous l’eau.

Pour l’instant, l’idée des requins a été mise de côté. Le travail était devenu intense, et j’y passais tellement de temps sur la route que toute autre campagne commandée n’aurait pas reçu l’attention qu’elle méritait. Puis, lors d’un voyage pour une séance photo qui allait définir une bonne partie de l’année, j’ai commencé à écouter The Tiger sur Audible. J’ai toujours été obsédé par l’apprentissage, et pendant une grande partie de ma vie la dyslexie rendait cette quête plus difficile que je ne voulais l’admettre. Audible a changé cela pour moi. Quelque part entre les autoroutes, les aéroports, les voitures de location et les sièges d’avion, je me suis retrouvé plongé dans l’histoire des tigres de Sibérie, leur intelligence, leur puissance et la précision silencieuse qui en fait l’un des animaux les plus redoutables sur Terre. Avant cela, mon exposition aux grands félins se limitait principalement aux zoos, où l’emprisonnement peut tasser même l’animal le plus extraordinaire en quelque chose de plus petit qu’il ne l’est réellement. À travers ce livre, j’ai commencé à les comprendre différemment.

Two tigers walk across a dirt path in a grassy field under a dark, stormy sky.

Lorsque, enfin, j’ai trouvé une période libre pour le travail personnel, j’ai pris contact avec Out of Africa Wildlife Park and Sanctuary, à seulement 45 minutes au sud de ma ville natale de Flagstaff. Cela comptait énormément pour moi que Out of Africa soit non seulement un parc, mais aussi un sanctuaire. En quelque sorte, c’est comme le jazz: ce sont les notes que vous n’entendez pas qui comptent. L’une des choses que j’ai apprises sur Out of Africa et qui m’a donné envie de leur parler était le fait qu’ils recueillent des animaux qui ne seront peut-être jamais vus par le public. Ces animaux, et un puma en particulier, avaient besoin d’être sauvés mais n’étaient pas à l’aise avec les gens, leurs familles ayant été tuées par des chasseurs. Out of Africa leur offre une vie sûre dans un vaste habitat, les nourrit, respecte leur peur des humains et leur permet de vivre paisiblement et en privé. Ce genre de respect pour l’animal compte énormément pour moi.

A white tiger with dark stripes lies on the ground with its mouth wide open in a yawn.

Zoals vaak het geval is bij producties, dacht ik dat het proces weken van e-mailverkeer, planning en logistiek zou vergen voordat ik überhaupt het terrein op ging. In plaats daarvan, binnen enkele uren na mijn eerste bericht, kreeg ik een reactie van Brittney, die verantwoordelijk is voor de grote roofdieren in het park, waarin ze vroeg of ik de volgende dag wilde komen.

Ik vroeg om een extra dag zodat ik me kon voorbereiden. Ik wilde zo veel mogelijk leren over de dieren voor mijn aankomst, deels uit respect voor Brittney’s tijd, maar ook omdat ik wist dat dit niet het soort onderwerp is dat je lichtvaardig benadert. Twee ochtenden later trof ik haar bij de ingang van het park. Tijdens een van onze rondleidingen stopte ze, hief ze een hand en wees nonchalant naar een struik naast het pad. In de schaduw lag daar een 400-pond Bengal-tijger, stil en stilzwijgend, die ons observeerde.

A tiger stands in a dry, grassy field during a golden sunset.

Die eerste kennismaking was bedoeld om een praktische vraag te beantwoorden: kon een persoonlijke serie rondom deze dieren überhaupt werken? Binnen enkele minuten was de vraag verschoven. De echte constatering was dat de kans veel buitengewoonder was dan ik had verwacht. Toen mijn ogen die tijger ontmoetten, werd ik volledig door het moment gevangen. Het was niet zo dramatisch als mensen vaak voorstellen bij ontmoetingen met grote roofdieren. Het was stiller dan dat, bijna stil. Maar het bleef bij me. In de weken die volgden, terwijl we ons voorbereidden op de eerste dagen van de opnames, bleef ik steeds terugdenken aan dat beeld in mijn hoofd.

De serie zelf werd in zes dagen in het park gemaakt, met weken tussen elk bezoek zodat de dieren zo veel mogelijk op een zo normaal mogelijk schema konden blijven. Ondanks dat, wat nooit veranderde, was de spanning die ik de avond voor elke opname voelde. Tegen die tijd was het zitten tegenover een tijger in puur praktische zin vertrouwd geworden, maar het werd nooit informeel. Ik sliep de avond ervoor altijd slecht. Er was altijd een combinatie van verwachting, angst en nieuwsgierigheid naar wat de volgende dag zou brengen.

A tiger walks forward through dry, golden-brown brush under a cloudy, sunlit sky.

Lorsque le moment est venu de commencer à photographier, Brittney a suggéré que nous commencions par un puma des montagnes avant de passer à un animal aussi grand et puissant qu’un tigre. Le raisonnement était solide. J’avais déjà travaillé les mécanismes de l’installation, y compris une section modifiée de grillage qui me permettait de travailler près de l’enclos avec la caméra. Ce que je n’avais pas encore compris, c’était la proximité où les animaux eux-mêmes choisiraient de se rapprocher. La photographie animalière traditionnelle crée souvent de la distance, littéralement et visuellement. Cette série exigeait quelque chose de tout à fait différent. Elle nécessitait l’intimité. Elle nécessitait la proximité.

Il est devenu clair presque immédiatement que la distance ne serait pas le défi. Bien au contraire, c’était l’inverse. Les animaux s’approchaient si près que leur souffle brouillait à plusieurs reprises l’élément avant de mon objectif. Ils semblaient totalement à l’aise avec ma présence, peut-être même plus à l’aise que je ne l’étais avec eux. Avec Brittney et l’équipe d’Out of Africa à mes côtés tout au long du projet, je pouvais compter sur leur vaste connaissance du comportement des félins et faire en sorte que la sécurité des animaux et la mienne restent la priorité absolue. Grâce à tout cela, nous avons maintenu une seule règle non négociable: ne jamais toucher l’animal. Peu importe à quel point l’environnement pouvait sembler calme ou maîtrisé, franchir cette limite aurait été injuste pour eux et aurait violé les lois destinées à protéger les animaux en captivité.

A tiger walks through dark, grassy terrain at night with trees visible in the background.

Très rapidement, nous avons développé un rythme qui nous permettait de travailler avec respect. J’arrivais avec mon matériel prêt, mais je le laissais à mon assistant à quelques mètres de l’enclos. Pendant les cinq à dix premières minutes, je restais simplement assis près de la clôture et je parlais à l’animal. Les tigres sont remarquablement intelligents, et beaucoup, si ce n’est tous, connaissent leur nom. Ces premières minutes comptaient. Elles permettaient à l’animal de m’étudier, de s’habituer à ma présence et de décider, à sa manière, si l’interaction était acceptable. Before we photographed a single cat, nous avions déjà établi une règle: si un animal semblait perturbé ou agité, nous ne le photographierions pas ce jour‑là. Aucune image ne valait le risque de violer cette compréhension. Certains animaux ont nécessité trois ou quatre visites avant que je n’apporte jamais l’appareil dans l’échange.

A close-up portrait of a tiger facing forward in a dry, golden-hued landscape with sparse trees and shrubs.

À mesure que les jours de tournage avançaient, il devint clair que la série prenait son identité. En utilisant des éclairages de studio Profoto, nous avons pu modeler la forme, la couleur et la texture afin de mettre en valeur le pelage orange des tigres sur le vert ambiant. Nous pouvions aussi pousser l’éclairage suffisamment fort pour créer des cadres qui semblaient presque nocturnes en inversant la relation entre le flash et la lumière ambiante. En un sens, nous avons construit une scène; mais le succès des images dépendait du fait que les animaux ne paraissent jamais mis en scène dans celle‑ci. Mon objectif était de les laisser rester eux‑mêmes: calmes, royaux et souvent en train de se reposer devant l’objectif avec une expression qui suggérait qu’ils m’évaluaient autant que je les photographiais. L’espoir était que les spectateurs voient non seulement la beauté des animaux, mais leur présence, leur dignité et l’individualité qui disparaît souvent lorsque les prédateurs sont réduits à des symboles de violence.

Cette réduction se produit bien trop souvent. Les tigres sont fréquemment encadrés avec le langage de la fureur, de la domination, de la testostérone et de la force brute. Leur pouvoir devient toute l’histoire, et cette histoire a aidé à justifier tout, de la braconnage à la persistance des myths entourant la soi-disant valeur de leurs parties du corps. C’est une distorsion, et comme la plupart des distorsions, elle a des conséquences. Plusieurs espèces de tigres ont décliné sous ce poids. Pourtant ce sont aussi des animaux capables de se rétablir lorsqu’on les protège, les traite avec compassion et leur assure des soins soutenus.

A tiger walks through a dark, foggy landscape, its orange and black striped coat illuminated against the dim background.

Pour ceux qui lisent ceci depuis une ville, un bureau ou un téléphone loin de l’habitat d’un tigre, ce soin peut paraître abstrait. Mais il commence souvent par la proximité, l’éducation et un changement de perspective. Les sanctuaires jouent un rôle important dans rendre cela possible. Les zoos peuvent être merveilleux pour faire découvrir des animaux aux enfants qui ne les rencontreraient peut‑être jamais autrement, mais les sanctuaires offrent souvent quelque chose de différent: une sensibilité plus intime au tempérament des animaux et une compréhension plus profonde des histoires qu’ils portent.

A tiger walks forward through a dark, grassy field under a stormy sky.

A tiger walks across a dusty, golden-hued field under a cloudy sky.

A tiger crouches in a dry, grassy field at sunset with mountains in the background.

Ik wil Out of Africa Wildlife Park and Sanctuary hartelijk danken voor hun tijd, vertrouwen en vrijgevigheid gedurende dit project. Zoveel mensen in het park hebben geholpen het tot leven te brengen, hetzij door vragen te beantwoorden over de dieren, hetzij door bij elke stap met mij samen te werken. Het was vriendelijkheid die ik niet had verwacht en waarvoor ik diep dankbaar ben. Afgaande op de opmerkelijke gezondheid en leefkwaliteit die de dieren in het park lijken te genieten, vermoed ik dat zij ook dankbaar zijn.

A tiger stands in tall, dry grass at night, looking directly at the viewer with its head turned.

Si vous vivez en Arizona ou que vous y visitez, je vous encourage à visiter le parc et à découvrir ces animaux incroyables par vous‑même. Et si vous avez de la chance, vous pourriez même voir un tigre faire le « zoomies » (oui, ils les font vraiment).

En attendant, profitez de la série que nous avons créée, et comme toujours, passez une excellente journée.

Achter de schermen

Het maken van The Tiger Project was een bijna jaarlang proces. Het zat vol met onderzoek, vergaderingen, oefening, leren, aanpassen, en daarna opnieuw oefenen. Het had een reden: ik wist dat werken met zulke ongelofelijk indrukwekkende en krachtige dieren een enorme hoeveelheid respect en waardering vereiste. Het was een kans die maar weinig mensen krijgen, en ik wilde ervoor zorgen dat we het op de juiste manier aanpakten.

Je suis extrêmement reconnaissant pour le nombre de personnes qui ont apprécié cette série, suivi le processus et partagé notre fascination pour ces animaux. Et d’une manière ou d’une autre, nous sommes déjà en train de préparer la prochaine série. Je suppose que vous devrez attendre un peu pour découvrir ce que c’est… Ou peut-être pouvez-vous jeter un coup d’œil furtif.

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Daan Vermeulen

Daan Vermeulen

Ik ben Daan Vermeulen, techjournalist en gepassioneerd door alles wat met beeld en geluid te maken heeft. Al meer dan tien jaar test ik camera’s, tv’s en audioapparatuur voor diverse Nederlandse media. Bij Beeldnet wil ik technologie begrijpelijk en eerlijk maken voor iedereen die zoekt naar kwaliteit.